Choisir le Cloud Computing ?


Futuristic Cloud Computer

Le Cloud computing est sur toutes les lèvres, il fait le buzz depuis de nombreux mois auprès des initiés et commence à se faire entendre du gouvernement jusqu’au grand public. Cependant, quand on tente d’obtenir une définition de ce terme, le discours reste souvent nébuleux. Alors qu’est ce que le Cloud computing et pourquoi l’adopter ?

Le Cloud est utilisé par le grand public depuis longtemps, quand vous utilisez par exemple Gmail, vous utilisez des ressources informatiques qui sont quelque part sur la toile. Ce service gratuit pour le particulier, peut se révéler dans le monde de l’entreprise facturé à l’usage, au même titre qu’une consommation électrique.  Le courant est dans la prise, on peut le consommer tant qu’on veut, la puissance paraît infinie. Ce sont donc les principales caractéristiques du Cloud, une puissance et une capacité de stockage à la demande avec une facturation basée sur la consommation.

Si vous souhaitez y voir un peu plus clair au milieu du nuage, je vous invite à visualiser une vidéo commerciale réalisée par un des pionniers des solutions Cloud en mode SaaS, « SalesForces.com ». Nous verrons plus loin que les bénéfices du Cloud ont aussi leurs limites.

Les différents services disponibles dans le Cloud computing sont les suivants :

IaaS, Infrastructure as a Service. Des centres de données hébergent des serveurs qui proposent la création de plusieurs machines virtuelles. Les ressources matérielles sont allouées et libérées à la demande sans limites. A l’heure du Green IT, cette adaptation constante des ressources au besoin confère également une dimension écologique.

Par extension du IaaS on peut différencier le StaaS, Storage as a Service. Le stockage des données à la demande. Il peut être aussi utilisé pour gérer ses sauvegardes en ligne.

PaaS, Platform as a Service. Le système d’exploitation, l’environnement de développement ou encore la base de données, sont mis à disposition des équipes techniques pour développer et faire évoluer les applications.

SaaS, Software as a Service. Le client n’achète plus le logiciel, il le consomme et le paye à l’usage. Il est hébergé sur la toile et ne demande pas de maintenance. Les nouvelles versions sont installées automatiquement par l’éditeur.

Schéma Cloud

Nous avons donc un ensemble de technologies existantes, regroupé dans un « package » et facturé en « Pay as You Go ». Aussi appelé « Pay per use », cela signifie que vous ne payez que ce que vous utilisez (nombre d’utilisateurs, nombre de serveurs virtuels, capacité en Go, puissance utilisée, temps d’utilisation…), c’est ce qui fait du Cloud une innovation plus économique que technologique.

Pour les utilisateurs, le Cloud permet de sauvegarder le contexte quand on change de lieu et/ou de terminal. C’est à dire commencer une action depuis son PC… et la terminer en déplacement depuis sa tablette en retrouvant son environnement de travail tel que laissé sur son premier poste. Dans le monde l’entreprise il favorise donc la mobilité, car il permet d’accéder à l’ensemble des données nécessaires à sa tâche où que l’on soit.

Localisation des données

La question qui revient le plus souvent sur le Cloud est la localisation des données. Cela revient à sortir ses données de son bas de laine domestique et de les confier à une banque qui les placera dans sa chambre forte avec les données d’autres entreprises. Les équipements, les serveurs et les équipes techniques sont mutualisés. Ces centres sont sécurisés contre de nombreuses menaces : incendie, vol, surtension, défaillance des pièces, sauvegarde des données…

Mais où sont-elles ses « banques » de données ? Elles sont dans des centres de données (data center) réparties sur la planète. Une localisation à l’étranger peut soulever un certain de nombre d’interrogations, elle apporte cependant de nombreux avantages.

Cette répartition permet notamment de partager les ressources informatiques : Quand la France dort, le Japon peut utiliser les data center de l’hexagone pour faire face à un pic de charge : comme un accroissement des commandes pendant les périodes de fête par exemple. En utilisant la réplication de données (mirroring), si un site en France subit un sinistre, comme une catastrophe naturelle, le site jumeau en Irlande prend instantanément le relais et garantie l’intégrité des données.

Le cloud privé

Le Cloud privé consiste à mettre en place un datacenter interne ou confié à un prestataire, dédié à l’usage d’un seul client et fonctionnant comme le  nuage (Gestion virtuelle de l’infrastructure, des environnements de développement, applications en client Web…). Ce réseau propriétaire offre donc des garanties sur la sécurité des données et la fiabilité. Il permet une maitrise des environnements grâce à des outils dédiés d’administration.

Les avantages du Cloud public en termes de coût et de flexibilité sont conservés, grâce à la virtualisation et la mutualisation des moyens techniques. De plus, le choix de la localisation (si possible en proximité), offre une alternative intéressante si les données sont particulièrement sensibles (ou que des pour des raisons juridiques elles ne doivent pas quitter le territoire). Le Cloud privé facilite aussi l’ouverture des applications sur l’extérieur. Cet accès pour les partenaires, fournisseurs et prestataires externes rend le Système d’Information plus communautaire.

D’après le cabinet Gartner les entreprises investiront massivement en 2012 sur le Cloud privé au dépend de son pendant public.

Les acteurs

Pour identifier les acteurs du Cloud il faut différencier ceux qui interviennent sur une ou plusieurs des briques SaaS, PaaS, IaaS et les acteurs globaux qui coordonneront ce petit monde pour offrir une solution clé en main. Le Cloud étant annoncé comme l’avenir de l’informatique, de nombreuses sociétés se lancent. Ci-dessous quelques exemples de firmes en avance dans ce domaine :

SaaS : L’un des pionniers est sans aucun doute SalesForce avec une solution Marketing/CRM. Pour la bureautique Google Docs a été rapidement suivi d’Office 365.

PaaS : Le géant de Redmond, propose sa plate-forme Windows Azure qui gère dans le Cloud l’infrastructure des applications .Net, Java ou encore PHP. Les développeurs se concentrent sur leur code et ne se soucient pas des taches d’administration (installation et maintenance des OS, update, réseau…).

IaaS : L’acteur le plus insolite est Amazon Web Services. Le géant du e-commerce avait initié en 2002 un vaste déploiement de data center dans le monde pour faire face à ses pics de commandes avant noël. En 2006, Amazon lance EC2 et se base sur ses 40 000 serveurs pour proposer aux professionnels une solution de virtualisation dans le nuage. VMware, le leader des machines virtuelles, n’a pas tardé à réagir et propose son Cloud public ou privé.

StaaS : Les acteurs sont nombreux, cependant on peut citer EMC et NetApp. Dans ce domaine, les deux mastodontes HP et Dell sont entrés en guerre en 2010 à coup de rachat de sociétés de stockage.  Le StaaS suscite donc l’attention car les entreprises et institutions ont tendance à stocker toujours plus de données : C’est le phénomène Big Data.

Différents cabinets de conseil et sociétés  de services proposeront une offre globale, on peut citer les principaux acteurs : Capgemini, Atos, Logica, Steria,  Accenture… En nouant des partenariats ou en rachetant des sociétés spécialisées, elles se positionnent comme point d’entrée unique d’accès à cet univers, portant ainsi engagement et devoir de conseil.

Pourquoi Choisir le Cloud ?

Certains pourraient imaginer que ce concept présenté comme l’avenir de l’informatique, n’est qu’un terme marketing supplémentaire créé afin de vendre du service ? Tentons de comprendre ce qu’il en est.

Maintenir en interne son Système d’Information garantit un niveau de maîtrise et une personnalisation poussée, au dépend d’une longue période de déploiement et d’une maintenance parfois complexe. L’utilisation d’un logiciel en mode SaaS favorise la rapidité de déploiement, cependant il réduit ce degré de personnalisation.

Il faut donc placer le curseur entre un outil intégré et une solution simple mais rapide à déployer. Cet arbitrage peut se faire par type d’application. Il semble par exemple plus facile d’opter pour des outils bureautiques dans le Cloud, car quelque soit la société le besoin de personnalisation reste faible. Si cela ne satisfait pas les plus exigeants alors la mise à disposition d’une plateforme  de développement (PaaS), permettra aux équipes de développeurs de délivrer des applications spécifiques en profitant des avantages du Cloud. (Environnements virtuelles multiples, équipes de développement multi-site…)

La maturité, la taille et la complexité du  métier peuvent aussi entrer en ligne de compte. Certaines PME partagent des besoins communs avec des sociétés de même envergure et peuvent aisément utiliser les logiciels du marché (Messagerie, paye, gestion de stock, fichier client…). Il est aussi plus intéressant pour une petite structure d’utiliser une application en mode SaaS, faisant ainsi l’économie d’un serveur informatique, de son installation et des équipes informatiques pour le maintenir.

Pour l’infrastructure (IaaS et StaaS), le choix peut se faire selon le type de service (Puissance de calcul, capacité réseau ou stockage) et la sensibilité des données hébergées. La souplesse apportée par ce modèle est très attrayante : l’espace de stockage ou la puissance des calculateurs s’adaptent aux besoins du client, qui ne paye que ce qu’il consomme. Pour les plus exigeants en contrôle et sécurité, il restera toujours le Cloud privé.

L’atout principal reste sans doute économique : un coût maîtrisé sous forme d’abonnement et de paiement à l’usage. Selon une étude Gartner, 95% des entreprises clientes d’applications consommées sous forme de services web prévoient de maintenir leur usage voir d’augmenter leur recours au mode SaaS. Gartner estime également qu’une entreprise sur trois a un projet de migration d’une application vers le nuage. Le retour sur investissement et la rapidité de déploiement sont les deux principaux arguments avancés.

La où il fallait choisir pour son Système d’Information le « Make or Buy » (Faire ou faire-faire), une nouvelle dimension vient maintenant s’ajouter le « Rent » (louer) à la demande.

Contribuer : N’hésitez pas à commenter cet article, j’intégrerai avec plaisir vos ajouts ou corrections.

Jean-Baptiste ARTIGNAN

3 Responses to Choisir le Cloud Computing ?


  1. Les tendances du Digital 2012 dit :

    […] Pour en savoir plus sur le Cloud, consulter l’article de BitBlog sur le sujet. […]
    http://www.bitblog.fr/les-tendances-du-digital-2012/

  2. jean-francois camboulas dit :

    Le cloud c’est un peu comme si un corps confiait la gestion de ses zones cérébrales à une entité extérieure…. Une entité bienveillante bien sûr. Mais comment croire à la bienveillance de sociétés qui pensent avant tout à faire de l’argent ? La bienveillance des requins, ce n’est pas pour demain. Et puis le cloud, c’est un domaine nouveau, sans jurisprudence, c’est à dire sans règles.

    Quant à la sécurité, ce serait quand même incroyable que les données confidentielles soient plus en sécurité sur le cloud. Cela voudrait dire qu’il serait plus difficile à des services de contre-espionnage d’accéder à des données lorsqu’elles sont dans le cloud ?

    Or on sait que les services secrets (US et autres certainement) sont un instrument de la guerre économique. Et on parle bien de guerre, c’est à dire d’un état d’esprit « tout est permis ».

  3. Jean-Baptiste ARTIGNAN dit :

    Bonjour Jean-François,
    Je vous remercie pour ce commentaire sur la sécurité des données. Il s’agit en effet de la première préoccupation des entreprises qui se tournent vers le Cloud. La sécurité des données s’entend sur un axe confidentialité mais aussi intégrité.
    En effet, quelques exemples de déconvenues de fournisseurs de services en mode Cloud ont alerté les professionnels. Ils sont alors encouragés à dupliquer les données sur différents sites et supports (technique dite de Mirroring).

    Côté confidentialité, les sociétés revoient actuellement leur stratégie de sécurité du Système d’Information. Le métier de RSSI (Responsable de la Sécurité du Système d’Information) a le vent en poupe.
    Même dans une grande société du CAC 40, ce dernier ne manque pas de travail : mise en place de niveaux d’accès à l’information selon la sensibilité des données, déploiement d’outils de cryptage, sécurisation des terminaux mobiles…
    Dans ce dernier cas le Cloud est vu comme un outil de sécurisation. Il permet à une tablette ou un PC portable par exemple de charger les données du Cloud sans les embarquer dans sa mémoire. Ainsi en cas de vol/perte, aucune donnée sensible n’est conservée sur l’appareil.

    Même si les données informatisées constituent une part prépondérante de l’information, le facteur humain représente la majeure partie des fuites (Discussion entre collègues de travail dans un lieu public, documents confidentiels trainant sur les bureaux, à la photocopieuse, papiers jetés sans être broyés, clés USB…). D’où un travail de sensibilisation important dans une firme pour faire évoluer les comportements.

    En bref, si la déclinaison d’une politique de sécurité du SI ne peut complètement garantir la confidentialité des données, elle reste une première étape indispensable avant l’entrée dans le Cloud. Les moyens techniques mis en œuvre viendront en appui de cette stratégie. La sécurité à 100% n’existe pas, un coffre-fort pourra toujours s’ouvrir, il faut travailler sur les comportements et outils qui décourageront les petits malfrats. Certes, cela ne fera que ralentir les cambrioleurs professionnels, mais permettra peut être de gagner suffisamment de temps pour les détecter.

    La sécurité est certainement l’un des facteurs qui encourage les entreprises à se tourner vers le Cloud Privé qui permet de garder la maîtrise du SI tout en profitant des avantages du Cloud Computing. Le ticket d’entrée pour ce type d’infrastructure étant élevé il reste malheureusement réservé aux grands acteurs.

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